Sans photocopie pas de cours ici à l’Université de Yaoundé 1. Derrière chaque support de TD il y a une boutique qui tourne à plein régime. Une journée passée chez Paco Copies à Ngoa-Ekelle pour comprendre.
Paco Copies ouvre à 7h00 devant l’amphi 1001. Trois machines tournent sans arrêt. Un étudiant lance « Monsieur, 25 pages recto verso agrafé. J’ai cours à 8h. » Carlos travaille chez Paco. Il est étudiant à l’Université de Yaoundé 1. Il est payé par jour. Quand il n’a pas cours, il vient travailler. Il ne lève pas la tête. Il cale la liasse, tape 25×2, encaisse 500 FCFA. Puis il passe au suivant. Ici un retard fait perdre un client.
Loyer
Le business n’est pas simple car une page coûte 20 FCFA. Le recto verso coûte 35 FCFA. Un support de 40 pages revient à 800 FCFA.
Carlos dit que le loyer a augmenté. En plus de cela il faut payer les charges, l’électricité, le toner à 45 000 FCFA et les rames de papier. Le prix d’une machine co7ûte entre 600 000 et 1,2 million FCFA. La maintenance prend tout. Le chiffre d’affaires va de 30 000 à 70 000 FCFA par jour quand les cours ont lieu. Carlos dit que si ils font un bénéfice de 15 000 FCFA le soir, la journée est bonne. « Parfois on ne s’en sort pas. Paco doit me payer chaque jour. Quand je suis libre je reste plus longtemps pour gagner plus. »La machine commande tout. Quand le papier se bloque, la file se plaint. Dix minutes perdues font partir cinq clients. Quand l’encre finit par exemple à 12h, il faut aller à Mokolo ou attendre un technicien sur place. Quand ENEO coupe le courant, sans groupe on ferme. Avec un groupe, le carburant prend le bénéfice. Carlos dit que les pannes font perdre la journée. « Une réparation peut coûter 50 000 FCFA. Le plus dur arrive quand les étudiants sont en inter-semestre. »
Creux
En juillet et août il n’y a pas de client. Le loyer arrive quand même. On vit sur l’argent mis de côté pendant les cours. Si on n’a rien gardé, on coule. Paco Copies vend aussi des feuilles, des chemises, des stylos. Il fait la reliure à 1500 FCFA et la plastification. Il faut aussi connaître des enseignants. Ils déposent les supports en direct. Sans eux, pas de client assuré. Parfois Paco s’entend avec les délégués de chaque filière et chaque niveau pour les photocopies. Le business des photocopies à Yaoundé 1 demande de l’endurance. Le loyer augmente. Les machines tombent en panne. L’inter-semestre est vide. Carlos, étudiant payé à la journée, et Paco tiennent bon malgré tout.
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S’en sortir même en entreprenant s’avère dorénavant être un périple du quotidien dans notre pays à l’allure où vont les choses nous risquons suffoquer d’ici peu